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Visite "présentation d'une démarche agro-paysagère en Meurthe-et-Moselle"

Le vendredi 14 septembre 2012, une soixantaine de personnes a assisté à la présentation de la démarche de plantations menée par Olivier Jacquin, agriculteur à Limey-Remenauville (Meurthe-et-Moselle) : un véritable travail de construction paysagère, conduit depuis plus de vingt ans.

Cette visite, qui a réuni des étudiants de l’Ecole Nationale des Paysages de Versailles et des adhérents du Carrefour des Pays Lorrains, leur a permis de comprendre de quelle manière une démarche individuelle peut constituer une démarche d’aménagement d’un paysage rural.

Olivier Jacquin a dans un premier temps fait une présentation de se démarche, illustrée de cartes montrant l'évolution du territoire de la ferme depuis la mise en oeuvre des premières plantations. Ensuite les visiteurs ont eu droit  à une visite de la ferme "embarquée" sur remorque !

Un morceau de paysage en lisière de forêt

La ferme d’Olivier Jacquin occupe, avec une ferme attenante, un espace aux contours dessinés par la forêt, ouvert au Sud sur le village de Limey. Situé au sein du Parc naturel régional de Lorraine et sur le plateau de Hay (300 à 340 mètres d’altitude), cet espace a donc la particularité d’être une « parcelle paysagère » d’un seul tenant.

Cette enclave forestière, datant du moyen-âge, a été occupée par des tranchées allemandes lors de la guerre 14-18. A l’issue de ces bouleversements, l’espace est reconquis par l’agriculture. Cette génération d’agriculteurs s’inscrit alors dans une logique de défrichement et de nettoyage de la ferme.

Aujourd’hui la ferme est une exploitation céréalière composée de champs de colza, blés, orge et autres cultures.

Un paysage animé d’un réseau d’arbres et d’arbustes

C’est à partir du milieu des années 1990, à la faveur du « fond de gestion de l’espace rural » que se sont intensifiées des plantations ponctuelles d’arbres et d’arbustes.

Par la suite, les deux propriétaires des fermes attenantes se sont lancés dans un plan global de plantation : constitution d’un réseau de haies, d’alignement d’arbres, de bosquets, etc.

De la mise en œuvre de ce plan, se construit au fil des ans, un paysage rural à la « silhouette naturelle », grâce au respect d’un certain nombre de principes :

  • suivi des lignes de crête, ce qui permet d’amplifier les lignes de force du paysage,
  • haies mélangées de différentes espèces d’arbustes,
  • de manière générale, plantation d’espèces d’arbres et d’arbustes locales, adaptées au climat, aux milieux et propices à l’accueil et au déplacement de la faune locale. Même s’il n’y pas d’étude ou de comptage qui vient corroborer ce constat, il a été constaté sur la ferme une présence plus importante d’oiseaux.

Au-delà d’une vocation paysagère, les arbres et arbustes remplissent d’autres vocations. Par exemple, une double bande boisée a une fonction de brise-vent contre les vents dominants provenant du Sud-ouest et balayant les bâtiments de la ferme.

D’autres éléments ont été pris en compte, notamment ne pas gêner le fonctionnement de l’exploitation céréalière : ne pas contraindre le parcours des tracteurs, éviter des ombres portées trop importantes (pour cela, respect d’un axe de plantation Nord-Sud).

Il s’agit là de l’initiative individuelle d’un agriculteur menée à une échelle suffisamment importante pour avoir un impact sur le paysage local du plateau qu’occupe la ferme.

De plus, elle s’inscrit au sein des démarches menées à des échelles plus vastes : la Communauté de Communes du Chardon Lorrain mène un programme de plantation et de protection de haies avec le Parc naturel régional de Lorraine. Ce programme s’inscrit dans la stratégie « Trame Verte et Bleue » mise en œuvre par le PNR, et à l’échelle de la Région, par le Conseil Régional de Lorraine et la DREAL Lorraine.

Par un jeu d’emboîtement, la constitution d’un réseau de haies et d’alignement d’arbres à l’échelle locale peut jouer un rôle dans la construction d’une trame utile aux déplacements de la faune (oiseaux, rongeurs, cervidés, etc.).

Pour aller plus loin :

publié le

15 octobre 2012

par :

laetitia laligant