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Retour sur le discours de Jean-Claude Juncker sur l'état de l'Union

C’est mercredi 12 septembre 2018 que Jean-Claude Juncker, le président de la Commission européenne s’est exprimé sur l’état de l’Union. Ce discours annuel du président de la Commission européenne devant le Parlement européen est un moment clef de la vie démocratique. Les réalisations et les propositions de la Commission européenne sont ainsi présentées et débattues ensuite avec les chefs de groupes des différents partis du Parlement européen.

On notera un discours prononcé presque exclusivement en français contrairement aux années précédentes où celui-ci s’était employé à utiliser les trois langues de travail des institutions européennes : l’allemand, l’anglais et le français. Un signe marquant de rupture voulu du fait du Brexit ?

« Soyons contents de vivre dans un continent qui connaît la paix grâce à l’Union européenne », c’est en ces termes qu’il a commencé son discours. Et c’est par un appel très fort à l’unité de l’Europe, réitéré à plusieurs reprises, qu’il a bâti son discours. Pour une Europe qui protège : « disons oui au patriotisme qui ne va pas contre les autres », cherchons des solutions pour mieux vivre ensemble.

Parmi les chiffres à retenir : 12 millions d’emplois crées dans l’Union européenne depuis 2014 (« plus que le nombre d’habitants de la Belgique ! »).

Dans un monde volatile, avec des défis qui se présentent chaque jour aux portes de l’Europe, l’unité de l’Europe est essentielle. Il a mentionné l’importance de l’élargissement, succès européen et véritable moteur pour la stabilité. Le travail de la Commission a aussi été celui de la relance de l’Union européenne de la défense, avec une coopération permanente structurée. « Seule une Europe forte et unie peut maîtriser les défis auxquels nous sommes confrontés [climatique, numérique, terrorisme, migration] ». L’UE doit être un acteur et établir des normes pour y répondre (par exemple concernant l’intelligence artificielle).

« Aucun Etat membre seul n’aurait pu mettre en orbite 26 satellites. » Ce succès européen, c’est Galiléo. « Partager notre souveraineté nous rend plus fort » a-t-il déclaré. Soutenant l’idée que l’Europe doit peser davantage dans les discussions internationales et demeurer un continent d’ouverture et multilatéral car « la planète appartient à tous ».

Dans la perspective des élections européennes de 2019, il insiste sur la nécessité pour l’UE d’agir ensemble, car ensemble l’UE obtient des résultats. Pour cela, il faut démontrer que l’Europe peut surmonter les différences Est/Ouest et Nord/Sud.

Parmi les principaux chantiers : bâtir un marché unique numérique, un agenda global pour la migration, la sécurité, aller au-devant des défis climatiques et développer l’Europe sociale pour qu’elle réponde aux défis de demain.

Une proposition de la Commission : assurer la sécurité avec la suppression en 1h de contenus terroristes mis en ligne.

Réformer le régime asile commun, aujourd’hui il y a 97% de réfugiés en moins par la route de la Méditerranée depuis 2015, ce sont 690 000 vies sauvées en mer depuis 2015. Les Etats membres n’ont pas trouvé l’équilibre entre l’ouverture et le contrôle des frontières. Il faut réformer, les solutions adhoc sont insuffisantes, mettre en place une solidarité durable et organisée.

Il s’agit aussi de mettre en place un système de protection civil renforcé. « Europe at his best » comme cet été quand les pompiers polonais ont été applaudis par les suédois quand ceux-ci sont intervenus pour les aider à combattre les incendies ravageant le pays. Il est question de protéger nos frontières extérieures communes sans renoncer à Schengen.

La Commission a d’ailleurs proposé un corps de garde côte frontière de 10 000 agents d’ici 2020. Il s’agit aussi de mieux traiter les demandes asiles, accélérer le retour des migrants en situation irrégulière et permettre des voies pour la migration régulière pour les migrants qualifiés. L’Afrique comptera 2,5 milliards d’habitants d’ici à 2050 soit une personne sur quatre dans le monde. Il faut bâtir un partenariat équilibré avec celle-ci et ne pas se cantonner à fournir une aide au développement. Les échanges commerciaux doivent être encouragés, des accords de libre-échange continent à continent doivent voir le jour.

Sur le Brexit, Jean-Claude Juncker a déclaré : « un pays qui quitte l’Union ne peut pas bénéficier des mêmes avantages », il ne s’agit pas d’établir un accord « à la carte ». Il faut mettre sur pied un partenariat ambitieux.

Quant aux négociations sur le budget post 2020, la Commission propose de :

- Donner plus de moyens et d’opportunités pour les jeunes grâce à Erasmus+ en doublant le budget consacré au programme

- Fournir plus d’opportunités aux start-ups & chercheurs grâce au programme Horizon 2020

- Multiplier par 20 les dépenses en matière de défense

- Investir pour l’Afrique

Il a insisté sur l’importance de décider avant les élections européennes.

Développer le rôle international de l’UE a aussi été un point important de son discours. Pour cela il s’agit d’approfondir et de renforcer l’union monétaire. Il faut aussi que l’Union européenne soit en mesure de parler d’une seule voix et être un architecte au niveau international et non un observateur. La diplomatie européenne doit être une.

Une proposition : décider à la majorité qualifiée pour les questions de politique étrangère et sur la fiscalité. Cela tout en respectant les valeurs que défend l’Union européenne : le respect des droits de l’homme et de l’état de droit ; qui sont des conditions sinequanone pour faire partie de l’Union européenne.

Plusieurs propositions : - le renouvellement du système du Spitzencandidat pour la nomination du président de la Commission européenne, contre l’avis d’Emmanuel Macron et d’Angela Merkel. (Le président du parti qui obtient le plus de voix au Parlement européen devient président de la Commission européenne)

- Des listes transnationales en 2024 ?

Pour son dernier discours sur l'état de l'Union, il a conclu: « L’Europe est l’histoire de ma vie et je continuerai à la défendre ».

Les président(e)s des partis politiques au Parlement européen ont ensuite réagi à ce discours.

Retrouvez l'intégralité du discours ici.

publié le

12 septembre 2018

par :

Camille DJUROVIC