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Retour sur le ciné-débat du film "Sami"

Le Centre d’information Europe Direct - Citoyens & Territoires Grand Est, en partenariat Le Lycée De La Salle à Metz et le Bureau d’information en France du Parlement européen ont organisé une projection-débat du film « Sami », le 6 avril dernier.

L'objectif de ce ciné-débat était de permettre aux lycéens et au grand public d'interpeller des responsables locaux et européens sur des sujets qui font l’actualité.

Le film « Sami » a été primé au Prix LUX, prix décerné par le Parlement européen qui récompense les films qui traitent de sujets d’actualité et promeuvent les valeurs européennes.

Synopsis : Sámi Blood se déroule dans les années 30 et raconte l'histoire de Marja, une Sami de 14 ans qui s'occupe de rennes et subit régulièrement des examens biologiques de nature raciste dans son pensionnat. Elle se met alors à rêver d'une nouvelle vie, mais elle va devoir devenir une autre personne et rompre tous les liens avec sa famille et sa culture si elle veut accomplir son objectif.

Le débat qui a suivi a réuni Mme Julie Léonard, Direction adjointe des services du SIAO 115 et M. Edouard Martin, député européen pour un échange avec les élèves sur le film et le thème de l’Europe qui protège, avec un focus sur l’action de l’UE en faveur des minorités et des réfugiés.

Les 260 élèves réunis dans la salle se sont prêtés au jeu et ont interpellé les intervenants sur une pluralité de sujets.

Voici un extrait de leurs questions et des réponses des intervenants :

  • Question sur la migration. Qu’en est-il des pays qui ne souhaitent pas intégrer d’autres ressortissants européens ?

Edouard Martin :  Les questions migratoires sont une compétence des Etats Membres. Les traités européens prévoient l’obligation d’accueillir une personne qui subit des violences. En 2016, le Parlement européen et la Commission européenne ont proposé que la solidarité s’opère entre les états membres et une meilleure répartition des réfugiés (80% des personnes accueillies venant de Syrie l’ont été par la Grèce et l’Italie).  C’est pourquoi les institutions européennes ont proposé aux Etats Membres d’accueillir 160 000 réfugiés. Aujourd’hui, la France accueille seulement 8000 réfugiés. L’Allemagne a dépensé 1 milliards d’euros pour accueillir dignement les réfugiés, c’est un retour sur investissement de 3 milliards d’euros pour le pays !  La situation actuelle est une honte pour les Etats-membres.

Julie Léonard : Il existe de grandes difficultés à Metz. 400 nouvelles personnes arrivent chaque mois à Metz. Un plan migrant français a été lancé suite à la photo d’Aidan pour accueillir un minimum de personnes et faciliter l’obtention du statut de réfugiés (80-90% qui sollicitent l’asile en France se voient reboutés, ils n’ont ni statut ni titre de séjours car ce sont majoritairement des migrants économiques). En tant qu’association nous essayons de répondre aux places disponibles.

  • Pourquoi les pays n’arrivent pas à se mettre d’accord sur les questions de migration ?

Edouard Martin : La politique migratoire est une compétence régalienne, mais on peut changer les choses : Allez voter pour faire le choix d’une Europe plus forte si c’est ce que l’on souhaite ! Un député couvre une circonscription de plus de 8 millions d’habitants !Le taux de participation aux dernières élections 2014 – 48% seulement, exprimez-vous sur l’Europe que vous souhaitez ! Oui pour une politique migratoire européenne, la répartition des réfugiés doit se faire en fonction de la taille et de la richesse du pays. Pour l’instant ce sont les Etats-membres qui décident.

  • Les pays de l’Est ont grandement profité de leur adhésion à l’UE, ils ont été abondés de financements européens. Aujourd’hui, ils refusent de respecter les règles et ne sont pas forcément solidaires. Comment recréer une Europe solidaire ?

Edouard Martin :  Ce jugement est un peu sévère ! Il faut expliquer l’Europe, il existe un besoin fort de pédagogie sur l’Europe. Ces pays sont passés d’une économie planifiée une économie libérée. Un pays qui souhaite entrer dans l’UE doit respecter des règles. La solidarité existe au sein des Etats Membres (exemple : entrée de l’Espagne en 1986), à ce moment-là des fonds ont afflué vers l’Espagne. Posons-nous la question : que voulons-nous faire ensemble ? Parlons de l’Europe des citoyens, de l’Europe sociale pour lutter contre le nationalisme exacerbé/ populisme.

  • Crise migratoire. Il faut qu’on aide nos populations ! (SDF)

Julie Léonard: qui sont ces personnes dans les camps à Paris ? (français et étrangers avec enfants). Chacun a le droit à un logement et à la santé. L’accès à la santé en France est garanti même lorsque l’on est un étranger.

Edouard Martin : les SDF ont droit au RSA. Pourquoi aide-t-on davantage les réfugiés ? ce n’est pas vrai. Aujourd’hui, beaucoup de pays européens dont la France bénéficie de la vente d’armes (nous ne sommes pas garanties que ces armes ne soient pas utilisées contre la population locale – Syrie comprise). Aujourd’hui L’Afrique est exploitée. 2 pays africains possèdent ces « terres rares » dont nous avons besoin pour produire des smartphones. Il existe une exploitation des gisements de terre rare en Afrique. Les populations sont chassées et violentées. Voilà pourquoi nous devons les aider. Dans un cas identique, vous aussi vous iriez chercher un meilleur avenir ailleurs.

Julie Léonard : Il faut recréer des liens, il y a un grand besoin d’humanité, il faut lever les aprioris et aller à la rencontre de ces personnes.

  • 70 ans de paix, vraiment ? Le terrorisme est partout.

Edouard Martin : Le terrorisme n’a pas de visage. Des mesures sont mises en place au niveau européen pour suivre ces personnes, pour faciliter l’échange d’informations entre les pays européens.

Julie Léonard : la scolarité est obligatoire en France quel que soit la nationalité de l’enfant, c’est l’éducation l’outil le plus important pour lutter contre ce fléau.

Le Centre d’information Europe Direct remercie vivement l’ensemble des partenaires pour ce très bel évènement.

publié le

13 avril 2018

par :

Camille DJUROVIC