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La Commission européenne souhaite des emballages plus propres

La Commission européenne a commencé à prendre les avis des États et de l’industrie pour revoir les règles européennes sur les emballages, une énorme source de déchets pas toujours recyclables.

Il faut savoir que les Européens ont généré 85 millions de tonnes de déchets d’emballage en 2015, ce qui représente une augmentation de 6 % depuis 2013. Mais il y a tout de même une bonne nouvelle : le recyclage des emballages augmente aussi. En moyenne 66 % des emballages sont aujourd’hui recyclés dans l’UE.

Comment expliquer ces chiffres ?

Cela s’explique en partie par la croissance de la vente en ligne, aujourd’hui 10 % des achats de détail se font sur internet. D’ici 2020, ce chiffre aura atteint 15 %, selon l’industrie. Et l’environnement n’est pas la principale préoccupation des vendeurs en ligne. « Environ quatre boutiques en ligne sur cinq estiment que la protection du produit est le critère le plus important », explique Maurits Bruggink, secrétaire général de l’EMOTA, l’association européenne du e-commerce.

Il y aurait donc trop d’emballages ?

Oui, les colis envoyés sont de taille standard pour répondre aux besoins des transporteurs, ce qui laisse souvent de grandes quantités d’espace vide qui sont remplies de papier-bulle, pastilles de plastique, soit d’encore plus d’emballage.

Comment l’UE s’attaque-t-elle à cette consommation excessive d’emballage ?

Une révision de la directive sur les déchets a été adoptée cette année. Elle comprend de nouveaux objectifs : « d’ici 2030, 70 % des emballages devraient être recyclables », explique Sarah Nelen, en charge de ces questions à la Commission européenne. « Le plus important est cependant de se pencher sur les objectifs spécifiques aux matériaux » (notamment le plastique et le carton). La Commission européenne s’est engagée cette année à ce que « tous les plastiques soient réutilisables et recyclables d’ici 2030 ». Cela nécessite une nouvelle révision de la directive sur les emballages. Cette révision se concentrera sur les engagements essentiels de la directive, qui liste les conditions nécessaires pour qu’un emballage puisse être admis sur le marché européen.

Quels sont les éléments qui devraient apparaître dans la révision de cette directive ?

L’un des principaux aspects de la future législation concerne les régimes de responsabilité  élargie des producteurs, qui obligent les fabricants à payer une redevance qui correspond au coût de la collecte, du transport et de la gestion des déchets. L’idée étant de moduler ces redevances en fonction de la performance environnementale des emballages, afin de pénaliser davantage les pires emballages et le suremballage. Enfin, la recyclabilité et la réutilisabilité sont aussi évidemment des facteurs pour la détermination du niveau de redevance.

Quand peut-on espérer sa mise en œuvre ?

Il s’agit d’une révision « conséquente », dont la proposition sera présentée en 2020 sous la prochaine Commission. Nous devrons donc patienter encore un peu !

publié le

14 novembre 2018

par :

Camille DJUROVIC