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Cartes cantonales : le casse-tête !

Article CPL de janvier 2014

En 2015, si le calendrier est tenu, nous élirons nos « conseillers départementaux ». La loi du 17 mai 2013 modifie profondément le mode de scrutin et le découpage des cantons. La dernière ligne droite se profile avec l’avis des  conseils généraux sur les propositions de carte cantonale. Retour sur les principaux éléments de la réforme et les réactions qu’elle suscite.

Les principaux éléments instaurés par la loi de mai 2013

Le nouveau mode de scrutin est complètement inédit puisqu’il instaure un binôme homme/femme à la tête de chaque canton. Par ailleurs, le projet de révision de la carte cantonale corrige les inégalités démographiques entre cantons : le nombre de cantons va ainsi être divisé par deux (avec un minimum de 17 pour les départements comptant plus de 500 000 habitants et 13 pour ceux comptant entre 150 000 et 500 000 habitants). Aucun canton ne devra s’éloigner de plus de 20% de la moyenne démographique des cantons du département. Le renouvellement des conseillers départementaux sera intégral tous les six ans.

Rappel de la méthode quant au découpage cantonal

Une consultation des élus a été menée par les préfets dans chaque département au printemps 2013. Un projet finalisé de carte a ensuite été élaboré par le ministère de l’intérieur, puis présenté par les préfets aux conseils généraux qui disposent alors de six semaines pour rendre un avis, l’ensemble des décrets de redécoupage cantonal devant être publié avant la fin mars 2014. Les conseillers mosellans ont donné leur avis – négatif -  le 13 décembre,  les meurthe et mosellans se prononceront  le 27 janvier, ceux de Meuse et des Vosges également avant la fin du mois.

Les principales réactions en Lorraine

A lire la presse régionale, le milieu rural est globalement inquiet du redécoupage cantonal, synonyme de perte de proximité avec les habitants (exemple de cantons qui passent de quelques milliers à au moins 17 869 habitants dans les Vosges), de probable fermeture de services publics comme la gendarmerie ou de baisse des dotations d’Etat pour les ex-chefs lieux de cantons. Même s’il est vrai que les cantons ruraux étaient auparavant largement sur-représentés… Les périmètres tendent à tenir compte des contours des intercommunalités et de la « cohérence territoriale » comme les axes de transports, les réalités économiques. Mais le compte n’y est pas toujours, loin s’en faut, pour certains élus qui craignent que les citoyens ne s’y retrouvent plus du tout.  Si la représentation égalitaire hommes/femmes est considérée comme un progrès, plusieurs estiment que le nouveau mode de scrutin ne résout pas le problème du faible nombre de femmes candidates à ces élections ou encore que  cela ne va pas dans le sens d’une réduction des dépenses publiques par la réduction du nombre d’élus.  Restent les impacts politiques de la réforme et les accusations de « charcutage électoral », ici où là, fondées ou non, qu’il serait trop long – et sans doute inutile – de relater ici…

publié le

15 juillet 2014

par :

Kristell Juven