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2015 Conférence du Réseau rural lorrain

Le  Réseau rural lorrain a organisé lle 9 octobre 2015 sa conférence annuelle intitulée " Les espaces en friches, des opportunités pour le développement des territoires ".

Cette question s'intègre dans la problématique du renforcement de l'attractivité des territoires ruraux, qui est l'un des axes de travail défini par les pilotes du Réseau rural lorrain pour la période 2015-2020.

La conférence a eu lieu dans la Halle verrière de Meisenthal, ancienne friche réhabilite en espace cuturel. Elle a rassemblé près de 90 personnes, dont 13 structures intercommunales, une dizaine d'associations, des partenaires institutionnels.

La journée a été introduite par Francis Vogt, président de la Communauté de communes du pays de Bitche, puis par Franci Vogt,  maire de Meisenthal, qui a notamment rappelé l'histoire du site depuis la fermeture de l'usine verrière en 1969. Sont intervenus ensuite deux des copilotes du Réseau rural lorrain, représentés par Joëlle Borowski, vice-présidente du Conseil régional de Lorraine, déléguée aux actions régionales relevant du développement  et de l'attractivités des territoires, et par Christophe Leblanc, SGAR adjoint.

Fabienne Anquetil, chargée de mission au Carrefour des pays lorrains, a ensuite présenté un point d'étape du travail réalisé par le Réseau rural lorrain.

L'année 2015 a débuté par l'auto-évaluation du Réseau rural lorrain sur la période 2019-2014, par une enquête en ligne auprès des membres du réseau, complétée par des entretiens téléphoniques. La synthèse des résultats a été publiée dans la lettre-bilan n° 2; parue en octobre.

Les orientations du Réseau rural lorrain pour la période 2015-2020 ont été définies par le Comité de pilotage, avec la contraibution du Comité consultatif. Elles sont au nombre de 3 :

  • les circuits économiques de proximité,
  • les ressources naturelles comme richesses du monde rural,
  • l'attractivité des territoires ruraux et les fonctions de centralité des bourgs ruraux

Les programmes d'actions annuels de Réseau vont découler de ces orientations.

En 2015, deux ateliers thématiques ont eu lieu :

  • l'un sur la valorisation de la ressource en bois, à Hadol ( 88) en juillet,
  • le deuxième sur la valeur de la nature et le paysage comme élément de valorisation des territoires, à Nonsard-Lamarche en octobre

Par ailleurs, une rencontre Recherche et Territoires a eu lieur en février à Nancy, afin de valoriser la richesse des différentes collaborations entre le monde de la recherche et les acteurs des territoires.

Le groupe de travail Circuits courts alimentaires a continué de se réunir, afin de finaliser un guide constitué d'expériences et d'un annuaire des acteurs.

Concernant l'appui aux structures ou/et aux réseaux régionaux, l'accompagnement de l'IREPS pour le projet " les territoires s'engagent en santé" s'est poursuivi.

Marc Verdier, architecte-urbaniste, enseignant à l'Ecole d'architecture de Nancy, a donné une conférence introductive intitulée " Reconcquérir les espaces en friches, quels enjeux pour les territoires ?"

Pour lui, les terres arables sont une ressource non renouvelable. Or, elles font l'objet d'un gaspillage irresponsable. La consommation d'espace concerne tout le monde, à travers la construction d’habitat, des infrastructures nécessaires à l’usage de l’automobile, la production d’énergie, la création d’équipements collectifs,…  Il est indispensable aujourd’hui de fermer le robinet de la consommation des sols. « C’est le rôle des  SCOT de réfléchir à une consommation raisonnée de l’espace » a indiqué Marc Verdier. «  Les SCOT doivent être très engagés, jouer sur la rareté des sols pour aller vers la réhabilitation des friches » a -il poursuivi.  Dans ce cadre, les friches deviennent des éléments déclencheurs d’une réflexion globale sur l’aménagement du territoire.Il faut changer de paradigme et instaurer la société du "re" : recyclage, réutilisation, renouveau,... Il a cité l'exmple sur SCOT des Vosges centrales, qui a réalisé un inventaire des espaces en friches et  un guide à destination des élus locaux pour encourager leur réhabilitation.

  • Le  powerpoint de l'intervention de Marc Verdier est disponible sur demande à la cellule d'animation du Réseau rural.

La table ronde intitulée De la friche industrielle au lieu culturel et patrimonial a suivi cette présentation, avec la participation de Pascal Klein, directeur du CADHAME, Yann Grienenberger, directeur du CIAV, Vincent Ferry, président de l'Agence du patrimoine et de la culture des industries néodomiennes, Laurent Flouest, directeur de la Communauté de communes de la Haute Saulx et Alain Toubol, directeur général de l'EPLF.

Fabienne Anquetil a présenté brièvement les trois sites.

Les échanges de la table ronde ont permis de mettre en évidence quelques clés de réussites pour les projets de réhabilitation de friches :

- passer par la préfiguation pour convaincre : il y a la plupart du temps une phase transitoire pendant laquelle il est  nécessaire de faire vivre la friche, même si elle n'est pas totalement réhabilitée. A Meisenthal, des passionnés ont organisé des expositions temporaire sur le verre bien avant la création du musée. " Ce n'est pas nécessaire d'attendre  pour montrer que l'on a envie " résume Yann Grienenberger, directeur du CIAV

- le facteur humain est fondamental : la réussite du projet de Meisenthal est lié à des enfants du pays, qui puisent leur énergie dans l'histoire du territoire. A la mine du val de fer, c'est un entrepreneur, érudit local, qui a fait du mécénat pour réouvrir une galerie minière il y a 30 ans. A présent, après un long travail de sensibilisation, les habitants soutiennent le projet, ils ne voient plus la mine comme une verrue liée à un échec économique mais comme une opportunité offrant des perspectives intéressantes sur le plan de la valorisation du patrimoine, du tourisme et de la formation   

-l'implication des élus : pour le projet d'Ecurey, le portage politique à l'échelled de la communauté de communes a été très fort, trois générations d'élus ont fait vivre le projet puis l'ont inauguré. Le projet est devenu le support du projet de territoire, véhiculant ainsi les valeurs de la communauré de communes.

Après cette table ronde, Geoffroy Séré, pédologue, maître de conférences à l'Univarsité de Lorraine et chercheur au GIFSI a présenté quelques filières et méthodes innovantes pour tenir compte des potentialités des sols dans les projets de réaménagement de friches.

Après avoir présenté les services écosystémiques rendus par les sols, il a présenté notamment le projet LORVER, ainsi qu'un autre projet expérimenté en Bretagne visant à tenir compte de la nature des sols des espaces en friche pour cibler des usages possibles.

  • L'intégralité de l'intervention de Geoffroy Séré est disponible sur demande à la cellule d'animation du Réseau rural

La deuxième table ronde a eu pour thème Friches et agriculture : comment préserver et reconquérir des espaces à vocation agricole, avec la participation de René Cailloux, maire d'Arnaville, Michel Torloting, conseiller  à Metz Métropole, Benoît Homberger, de la SAFER Lorraine te Anne-Lise Henry, directrice de Terre de Liens Lorraine.

Le maire d'Arnaville a présenté le travail depuis 25 ans dans sa commune en matière de paysage. Les parcelles sont rès petites, non entretenues, en cours d'enfrichement, en particulier sur les côteaux. La mairie  utilise des outils variés comme le travail avec le CRPF, la mise en place d'un PLU, le remembrement grâce au classement des côteaux en AOC Côtes  de Moselle, le classement d'un secteur en ENS ( qui va conduire à un plan de gestion), l'achat de terrain par la commune et l'installation d'une maraîchère bio.

Metz-Métropole travaille sur un projet d'agrobiopôle, dont l'épicentre sera situé sur l'ancienne base aérienne de Frescaty, avce l'installation de coopératives agricoles, de lieux de production soucieux du bien-être animal, d'espaces-tests agricoles. L'idée est aussi de s'appuyer sur les producteurs installés dans d'autres parties di territoire et de favoriser l'installation de nouveaux agriculteurs.

'iM. Hombourger a résenté le travail sur le foncier agricole effectué sur le Toulois à l'initiative des Communauté de communes du Toulois et de Colombey et du Sud toulois. L'objectif est de racheter et de regrouper de parcelles pour es redonner en location à de jeunes agriculteurs.

Anne-Lise Henry a présenté l'activité de Terre de Liens Lorraine, qui met en relation des agriculteurs qui cherchent des terres avec des collectivités qui veulent installer des agriculteurs bio. En moyenne ce travail aboutit à l'installation de 5 ou 6 agriculteurs par an depuis 2013. Pour plus d'infos sur l'association, cliquez là.

La journée a été clôturée par Christophe SALIN, sous-préfet de l’arrondissement de Sarreguemines.

publié le

20 novembre 2015

par :

Fabienne Anquetil